Construction de 227 maisons post-tsunami 

Poompuhar, Tamil Nadu, Inde

2005-2008

Lors du tsunami de 2004 ce village près de la mer a été presque complètement dévasté et 86 habitants sont morts. Depuis lors, de nombreuses familles survivantes vivent dans des abris temporaires. Le projet fournit 227 maisons permanentes, parasismiques et unifamiliales aux victimes du tsunami.  

Vincent Pittier a été engagé par FdnF en tant que consultant technique dans le processus de construction : supervision des coûts, de la qualité, du planning ainsi que mise en place d’un suivi d’échange de compétences  

Frères de nos Frères (FdnF) est une ONG suisse. Fondée en 1965, FdnF s’adresse aux populations défavorisées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et œuvre pour leur autonomisation à travers des projets dans les domaines de l’irrigation, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’emploi et du financement par micro-crédit.  

SEVAI, un partenaire avec qui FdnF travaille depuis des années, a toujours eu des projets dans cette zone côtière. Après avoir mené avec succès des opérations de secours pour les survivants, SEVAI a mis en place un projet complet de construction de logements pour ces familles. FdnF lui apporte tout son soutien, avec l’aide financière de la Chaîne du Bonheur.  

Management :

SEVAI fonctionne comme unité de gestion de projet et supervise l’ensemble de l’activité de construction. Plus de 400 ouvriers et aides du bâtiment ont été nommés dans les villages environnants. Le projet est géré sur place par une équipe d’ingénieurs et de coordinateurs techniques. Les membres de la communauté ont été formés à la construction et à l’organisation afin que, dans la mesure du possible, les ressources locales et la main-d’œuvre soient utilisées pour le projet. L’ONG a également pris la responsabilité de l’achat des matériaux de construction. L’équipe locale suit les directives gouvernementales spécialement conçues pour la construction de maisons résistant aux cyclones, inondations et tremblements de terre. Les bâtiments respectent les normes nationales de reconstruction et préservent les techniques et conceptions locales de logement.  

Aménagement :

La nouvelle zone de peuplement fait partie intégrante du tissu villageois existant, à 500 mètres du bord de mer. Le projet d’aménagement est un plan en damier typique avec des rues linéaires et des blocs de logement disposés en rangée sur ses côtés.  

Construction :

Chaque logement est capable d’accueillir une famille de cinq personnes et comprend une cuisine, une chambre à coucher, un salon, un espace de rangement, des toilettes/douche avec fosse septique et une petite cour arrière. L’emprise au sol d’une maison est de 30 mètres carrés. La structure est une ossature en RCC: 9 colonnes principales, 3 encerclements horizontaux (fondations, sol et linteau). La dalle de toiture stabilise la structure. La charge du poids propre de la maison et la force de pression des vents sont reprises dans les colonnes. Les briques sont principalement utilisées comme remplissage pour les murs non-porteurs.  

Installation d’infrastructures :

Le gouvernement prend à sa charge la mise en œuvre des remblayages, des routes, de l’approvisionnement en eau, de l’électricité, de l’éclairage publique, du drainage des eaux et de la station d’épuration. Un réservoir d’eau a été construit et 12 points d’eau ont été fournis pour permettre l’alimentation en eau potable. L’eau des toilettes va actuellement dans les fosses septiques. Une station d’épuration est planifiée à moyen terme. Une ceinture verte au nord du site fournira une protection contre le vent des cyclones.  

Note historique :

Poompuhar est largement mentionné dans la littérature Sangam (vers 300 av. J.-C. à 300 ap. J.-C.), une collection d’œuvres poétiques tamoules de l’époque des rois Chola. Des textes comme Silappathikaram et Manimekalai offrent des descriptions vivantes de la grandeur de la ville, de ses marchés animés et de sa vie culturelle. Le Silappathikaram, écrit par Ilango Adigal, décrit Poompuhar comme une ville d’immense richesse et de beauté, avec des rues bien planifiées, des temples et un port prospère. Les fouilles archéologiques ont révélé des quais submergés et des murs de jetées confirmant son importance historique.

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